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Ballonnements, douleur abdominale, diarrhées, constipation ?


Les ballonnements, la douleur abdominale, la diarrhée et/ou la constipation font partie de votre quotidien ? Si oui, il est possible que vous souffriez du syndrome du colon irritable. Au Canada, il est estimé qu’environ cinq millions de personnes présenterait ce syndrome (prévalence estimée de 6,2 à 25,2% des Canadiens) (1-4).


Les mécanismes physiopathologiques derrière cette condition ne sont pas encore entièrement élucidés. Il semblerait que le syndrome du colon irritable pourrait résulter d’une combinaison de changements au niveau de la motilité intestinale, d’une hypersensibilité viscérale, de la présence d’inflammation de bas grade, d’un microbiote altéré et de l’exposition à certains composés alimentaires.


Environ 70% des personnes ayant le syndrome du colon irritable relient leurs symptômes à la consommation de certains aliments. Toutefois, les approches nutritionnelles classiques où l’on évite certains aliments tels que les produits laitiers, le blé, les fruits citrins, la caféine et l’alcool ont des résultats négligeables chez plusieurs personnes. De plus, ces restrictions peuvent diminuer la variété alimentaire et donc la qualité de notre alimentation.


Dans les dernières années, une approche nutritionnelle de plus en plus étudiée et utilisée en nutrition clinique est la réduction des oligo- di- et monosaccharides, de même que les polyols (FODMAPs) qui sont des sucres fermentescibles qui pourraient induire et/ou exacerber les symptômes du colon irritable. Les FODMAPs sont principalement des glucides à courtes chaînes qui sont peu absorbés au niveau intestinal et rapidement fermentés par les bactéries de nos intestins. Les études semblent indiquer que la diète faible en FODMAPs diminue les symptômes reliés au syndrome du colon irritable chez 70% des individus (4).


Fait intéressant, une étude publiée en 2017 dans la revue Gut, étudiant le métabolome (métabolites dérivés des réactions biochimiques du corps) et le microbiote (flore intestinale), a d’ailleurs observé que lorsque soumis à une diète faible en FODMAPs versus élevée en FODMAPs, les concentrations urinaires d’histamine, un marqueur de l’activation immunitaire, étaient réduites significativement de même que des différences au niveau de la richesse et la diversité de certaines bactéries intestinales (exemple, actinobactéries) entre autres impliquées dans la consommation des gaz (5).



Que signifie l’acronyme FODMAP ?

F : Fermentescibles

O : Oligosaccharides (fructanes et galacto-oligossacharides)

D : Disaccharides (lactose)

M : Monosaccharides (fructose, lorsqu’en excès du glucose)

A : Le mot anglais « And » donc « et » en français

P : Polyols (principalement le sorbitol et mannitol)