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Fini l’arc-en-ciel dans le prochain Guide alimentaire canadien?


(Images tirées du rapport de la firme Earnscliffe Strategy Group, voir la référence ci-bas)


Plus d’arc-en-ciel pour le prochain Guide alimentaire canadien ? Ça semble être le cas dans le rapport publié en octobre 2018 par la firme Earnscliffe Strategy Group. À première vue dans les versions préliminaires publiées il n’y a plus de groupe alimentaire ni de portion à respecter dans chacun de ces groupes. Il a y plutôt le conseil suivant : « Prenez l’habitude de savourer une variété d’aliments sains tous les jours ». D’ailleurs, un changement majeur est l’inclusion de conseils portant sur « comment » manger au lieu de simplement conseiller sur « quoi » manger. Des conseils qui expliquent qu’une saine alimentation, c’est bien plus que les aliments que l’on consomme mais bien également le « comment » manger, soit de savourer, d’être pleinement conscient de ses habitudes alimentaires, de cuisiner davantage et de manger en bonne compagnie.


Dans les versions préliminaires, du côté du « quoi » manger, on met en vedette les légumes et les fruits, les aliments à grains entiers et les aliments protéinés. On constate que le groupe des produits céréaliers serait remplacé par la simple mention « des aliments à grains entiers ». Fait intéressant, en mettant « grains entiers » dans les grands titres, à mon avis, on met plus d’accent sur la consommation de produits céréaliers à grains entiers et on délaisse les produits céréaliers plus raffinés tels que le riz blanc, le pain à base de farine de blé enrichie et autres produits céréaliers raffinés qui anciennement (version 2007 du Guide) étaient inclus dans le groupe alimentaire des produits céréaliers.


Un autre changement important serait la fusion des groupes des viandes et substituts de même que des laits et substituts en une seule catégorie ayant pour titre « des aliments protéinés ». Dans cette catégorie, on met l’accent sur les pictogrammes de source de protéines végétales telles que les produits issus du soya (par exemple, les edamames et le tofu), les légumineuses et les noix, viennent ensuite le poisson et le lait pour finir avec la volaille et les œufs (les œufs sont affichés seulement pour la version préliminaire B). Les viandes rouges telles que le bœuf ou le porc ne semblent plus affichées.


La place des laits, yogourts et fromage est beaucoup moins importante qu’auparavant ce qui a fait la manchette dans les médias dernièrement. Manquera-t-on de calcium ? Je ne pense pas ! Rien n’indique que l’on ne devrait pas consommer de lait, de yogourt ou de fromage et ces aliments demeurent des choix nutritionnellement intéressants. Toutefois, dans le but de varier et d’optimiser son alimentation on peut remplacer ces aliments par divers aliments qui nous amèneront d’autres bienfaits. Par exemple, on retrouve des quantités intéressantes de calcium dans les aliments suivants :


-125ml (1/2 tasse) d’épinard cuit (129mg)

-125ml (1/2 tasse) de chou vert frisé cuit (95mg)

-75g de saumon en conserve avec arêtes (179-212mg)

-75g de sardines en conserves avec arêtes (286mg)

-150g (3/4 tasse) de tofu préparé avec sulfate de calcium (302-525mg)

-30ml (2 c. à table) de beurre de sésame (130mg)

-60ml (1/4 tasse) d’amandes (93mg)

-250ml (1 tasse) de boisson de riz, de soya, d’amandes ou de cajou enrichie (environ 320mg)

(tiré du document Sources alimentaires de calcium par Les Diététistes du Canada)


Plusieurs messages clés sont actuellement étudiés, ils mettent l’accent sur la consommation d’aliments peu ou pas transformés et ayant une bonne valeur nutritive de même que sur la façon de manger. Par exemple, de servir des pitas à l’hummus au lieu des beignes ou muffins lors de réunions de bureau, de choisir une pomme, une orange ou une salade de fruits au lieu des pâtisseries à la cafétéria, au travail d’aller prendre une courte marche au lieu de grignoter son stress ou son ennui, de manger avant d’aller faire l’épicerie puisque l’on est plus sujet aux achats impulsifs si l’on a faim, de planifier son épicerie, ses repas et collations, de manger des légumineuses régulièrement, etc. Lesquels seront retenus ? Ce sera à voir dans la version finale promise en 2019 ;).


Mon avis en résumé. J’aime beaucoup les versions préliminaires, les recommandations sont plus positives, recentrées sur le plaisir de savourer, de cuisiner et de manger en bonne compagnie. De plus, la qualité est réellement présente en encourageant la consommation d’aliments moins transformés donc légumes, fruits, grains entiers et aliments protéinés. Les protéines végétales sont bien mises de l’avant ce qui suit les dernières avancées scientifiques. Les images préliminaires semblent plus simples que dans les anciennes versions du Guide alimentaire canadien et mettent bien l’accent autant sur le « comment » que sur le « quoi » manger !


Bien sûr, des changements peuvent toujours être apportés au nouveau Guide alimentaire puisque ce ne sont que des versons préliminaires qui sont sorties ! Il faudra attendre la version finale du nouveau Guide alimentaire canadien pour avoir l’heure juste sur les nouveautés en matière de recommandations alimentaires canadiennes.


D’ici là, je trouvais intéressant de vous partager l’évolution du Guide alimentaire canadien depuis les premières versions ! Voyez, on évolue ;) !


Version de 1949

Version de 1977

Version de 1982

Version de 1992 (et l'apparition de l'arc-en-ciel!)

Version de 2007

Références

Earnscliffe Strategy Group. Healthy Eating Strategy – Dietary Guidance Transformation – Focus Groups on Healthy Eating Messages, Visuals and Brand Research Report. October 31 2018. Prepared for : Health Canada. Consulté en ligne le 10 janvier 2019. (https://fr.scribd.com/document/396822827/Earnscliffe-Food-Guide-report)


Les diététistes du Canada. Sources alimentaires de calcium.2012. Consulté en ligne le 14 janvier 2019. (https://www.dietitians.ca/Downloads/Factsheets/Food-Sources-of-Caffeine-FRE.aspx)


Annie Bouchard-Mercier, votre nutritionniste et docteure en nutrition

Membre de l’Ordre professionnel des Diététistes du Québec


Annie Bouchard-Mercier a complété son baccalauréat, sa maîtrise et son doctorat en nutrition à l’Université Laval. Cette dernière a étudié la génomique nutritionnelle, une discipline étudiant les relations entre le génome et l’alimentation et leurs effets sur la santé cardiovasculaire. Annie Bouchard-Mercier pratique la nutrition en privé à Dolbeau-Mistassini à la Clinique Boréalia.

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